Un jardin mémoriel en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015
La Place-Jardin Saint Gervais propose un équilibre entre minéral et végétal conciliant rassemblements commémoratifs et pratiques quotidiennes (déambulation, repos).
Deux contre-allées de platanes encadrent un socle minéral central en asphalte poncé, noir et moucheté d’agrégats blancs. Ce grand rectangle homogène de façade à façade est ponctué d’émergences symboliques : l’eau, la pierre, le jardin et son Olivier, l’Orme de la Justice, la plaque commémorative.
Au centre de la place s’étend un miroir d’eau peu profond, aux contours irréguliers. Une pierre brute en émerge (granit non poli) telle une petite île. Percée de nombreux trous d’où s’écoule doucement l’eau, elle devient ainsi fontaine. Les noms des victimes y sont gravés.
De l’eau naît le jardin.
Des touffes d’herbacées foisonnantes s’échappent de l’asphalte. Des tiges fines et souples, de différentes hauteurs, bougeant au gré du vent se terminent par une petite lumière rouge. La totalité des points lumineux correspond au nombre des victimes. Au milieu de ces hautes herbes, l’Olivier du souvenir dresse sa silhouette tortueuse et trapue. Symbole de paix, il témoigne de l’espoir d’une coexistence possible pour toutes et tous.
Au pied de l’église, l’Orme de la Justice se reflète dans l’eau. Cet arbre champêtre séculaire témoigne de l’histoire et du poids symbolique de cette place au cœur de Paris. À l’ombre de son feuillage, les fermiers venaient s’acquitter de leur rente, et les juges y rendaient justice après la messe. Son pied est intégré dans une surface de pavés de grès qui poursuit le parvis de l’église, établissant une continuité formelle avec le Marais.
Une table ronde commémorative cerclée d’un banc en fonte rappelle la fraternité qui s’est exprimée dès la nuit du 13 novembre. Elle marque le seuil de la place et sert de point de départ pour les visites pédagogiques.
Un mobilier urbain courant, caractéristique des espaces publics, parcs et jardins parisiens, de type Davioud s’installe entre les alignements de platanes, dont les pieds sont généreusement ouverts et plantés.
Cet espace fédérateur, dans sa simplicité d’écriture, fait dialoguer mémoire et vie usuelle, sans concurrencer son cadre bâti patrimonial (Église Saint-Gervais-Saint-Protais, façades des anciennes casernes Lobau et Napoléon).
Ville de Paris
MDP (Mandataire) - Paysagiste / H20 - Architecte du patrimoine – Jean Jacques HUBERT + Anouck FOCH / ON - Mise en lumière – Myriam LAVAL + Clara LIBERATI / ALAIN FLEISCHER & l’Ecole du Fresnoy – Artiste, Arts audiovisuels / ARCADIS - Bureau d’études techniques, OPC, suivi de chantier / URBANECO – Ecologue – Marine LINGLART / JML – Fontainerie - Stéphane Llorca
2700m²